Vendredi 14 février 2020 : Rencontre au centre paroissial avec Laurent Grzybowski Chanteur chrétien et journaliste.

Image (Vendredi 14 février 2020 : Rencontre au centre paroissial avec Laurent Grzybowski Chanteur chrétien et journaliste.)

"Une chanson peut changer le monde." C'est la conviction de Laurent Grzybowski. Il chante depuis le berceau ou presque : c'est pour lui à la fois une source de bonheur, une expérience spirituelle et une façon de témoigner de ce qui l'habite. Il sillonne les routes de France et parfois d'ailleurs, pour aller animer des veillées au cours desquelles il partage ses chansons. Il anime aussi de grands rassemblements d'Eglise, mais il lui est arrivé de chanter dans une mosquée ou un synagogue. Pour lui, en effet, "le dialogue des cultures et des religions est plus fort que le choc des civilisations".

Vouloir changer le monde avec des chansons, cela pourrait paraître naïf, témoigner d'une méconnaissance du monde... Or, ce monde qu'il veut changer, Laurent Grzybowski le connaît bien pour l'avoir exploré dans le cadre de son métier de journaliste. Il en connaît les misères et les drames. Malgré cela, il témoigne de sa foi au Christ, qui l'anime depuis le plus jeune âge, lui qui n'a jamais douté de l'amour de Dieu. Il partage aussi son regard sur le monde, sur l'Eglise, sur le nouveau pape qui le remplit de joie.

Témoin de fraternité

Proche des jeunes, dont il connaît bien les rêves, les blessures et les espoirs, Laurent est un de ces témoins qui ne cherche pas à « convertir » ceux et celles qu'il rencontre, mais à « éveiller » quelque chose en eux.

Plus de 1000 concerts en trente ans, 80 000 albums vendus, pas de quoi lui prendre la tête : ce témoin de la fraternité cherche toujours à garder un langage simple et des moyens adaptés pour répondre aux appels qu'il reçoit. Même si vous n’arrivez pas à prononcer son nom (dites Jibofski !), vous aurez envie de reprendre avec lui ses chansons, qui ont le don de réveiller, en chacun, des énergies insoupçonnées.

« Des milliards de chemins », « Des signes de fraternité », « Ouvrez tous ces verrous fermés », « Vivre debout ! » font partie de ses nombreux tubes. Une guitare qu’il aime faire vibrer, une voix chaude et sincère, une personnalité directe et rayonnante, Laurent finit toujours par allumer le feu. Qui l’écoute ne peut que se laisser ravir. « Ravir » veut-il aussi signifier « voler » ? Ne craignez rien ! Avec lui, un seul danger : que chacun se voit voler d’un peu de son indifférence.

« A l'heure où certains ne parlent que de murs et de barbelés, je voudrais, dans mon métier de journaliste comme dans mon activité de chanteur, ouvrir des voies et bâtir des ponts ». Nourris de l'actualité, ses textes sont un appel à vivre ensemble, dans le respect des différences.

Témoin d'espérance

Le journaliste qu’il est depuis ses premiers pas dans le groupe Bayard puis à l’hebdomadaire La Vie (depuis 1990) a plongé dans le tragique de notre temps. Laurent Grzybowski évoque notamment ses reportages au Rwanda en 1994, pays africain martyrisé par un effroyable génocide. « J’ai passé quinze jours dans un pays ravagé par la haine et la violence…Notre monde va mal et il y a une multitude de raisons de désespérer. Mais justement parler d’espérance dans ce contexte est absolument essentiel ».

Pour lui, l'histoire de l'humanité comme notre histoire humaine nous invite à élargir notre vision. Dans la vie pour rencontrer les autres, il faut une bonne assise, il faut être enraciné.

Plus on est enraciné, plus on prends conscience, plus on est capable d'aller à la rencontre de l'autre.

Karine Bouleau, la directrice et Jean-Paul Horhant, adjoint en pastorale